Fernand de Magellan († 1521) est le plus célèbre des navigateurs, et son voyage (1519-1522) la plus fascinante des aventures. Cependant, les études sérieuses sur le sujet sont assez rares et la quasi totalité des biographies et des reportages fourmillent d’erreurs récurrentes, comme le démontre l’ouvrage dirigé en 2007 par Michel Chandeigne (alias Xavier de Castro).

Ce livre (2007, 2° éd. 2010, 1088 p.) est le premier au monde à avoir réuni et confronté toutes les sources directes, ainsi que l’ensemble des cartes d’époque. L’origine de nombreuses idées fausses et quelques découvertes notables y sont révélées et exposées en détail. La conférence permet notamment, de comprendre la première circumnavigation du globe à partir des cartes de l’époque.
Ainsi on s’aperçoit qu’en 1519,  les Espagnols et les Portugais avaient une vision étonnamment exacte de la dimension du Pacifique: la position des Moluques, but du voyage, n’est erronée que de 7 à 8°, ce qui est très peu. Parmi les nombreux autres éléments susceptibles de développements (en fonction des questions du public), citons le nombre de survivants (90, sur les 237 du départ), dont 35 – et non 18 – ont fait le tour ce monde; la clémence, et non la cruauté, de Magellan après la mutinerie; la première traversée du Pacifique, qui n’a pas été une hécatombe: il y eut seulement 9 morts – et non 19 –, tous nommés, à comparer avec les 40 de l’expédition de Jofre de Loaysa qui a suivi et où Elcano trouvera la mort, et nous expliquons cette faible mortalité ; les hypothèses sur la mort de Magellan;  l’escale sur l’île de Palawan (pour la première fois identifiée et détaillée), etc.