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L'Homme qui parlait javanais et autres nouvelles (bilingue)

L'Homme qui parlait javanais et autres nouvelles (bilingue), par Lima Barreto
Auteur : Lima Barreto
Traduction : Monique Le Moing
Collaboration : Dilson Ferreira da Cruz
Editeur : Chandeigne
Nombre de pages : 148
Date de parution : 2012
Langue : Bilingue
Prix : 12,00 €
ISBN : 978-2-915540-94-9
Disponibilité : En stock En stock

Afonso Henrique de Lima Barreto naît le 13 mai 1881 à Rio de Janeiro, où il vivra la plus grande partie de sa vie. Il meurt en 1922, miné par l’alcoolisme et après trois séjours en hôpital psychiatrique. Cela lui aura permis de décrire les asiles d’aliénés et surtout d’analyser la folie comme résultat de la pression sociale.
Mulâtre, il est le fils d’une esclave qui meurt alors qu’il n’a que sept ans et d’un métis afro-portugais, typographe, monarchiste, pétri d’admiration pour la France et les grands noms de l’Empire. Lui, sera plutôt séduit par les idées de la Révolution française.
Il suit des études régulières jusqu’à son entrée à l’École polytechnique, en 1897, mais des difficultés financières et familiales (son père sombre dans la folie en 1902) l’obligent bientôt à gagner sa vie. Il devient petit fonctionnaire tout en se consacrant à l’écriture (articles de presse, romans, journal, correspondance, satires et contes). Lecteur assidu de la littérature de fiction européenne de son époque, il se familiarise avec le réalisme social. Ainsi certains de ses contes rappellent-ils des nouvelles de Maupassant (Livia et Adélia), de Daudet (L’homme qui parlait javanais) ou de Balzac (Cló), tandis que d’autres font penser à Victor Hugo ou à Tolstoï (Son Excellence).
Libre penseur, écrivain marginal, il est perçu comme un provocateur, et on lui reprochera de mettre à mal des grands mythes nationaux. Mais il n’en reste pas moins, à la charnière des XIXe et XXe siècles, le précurseur du mouvement littéraire qui amènera bientôt le Brésil à affirmer son identité : en 1922, année de sa mort, a lieu à São Paulo la Semaine d’Art moderne.
Plus soucieux de montrer la vérité des âmes que d’invention littéraire, il a laissé dix-sept ouvrages qui sont autant de témoignages sur la vie à Rio de Janeiro au début du xxe siècle, surtout celle des petites gens, mais aussi sur le monde de la presse, avec ses cercles et ses mandarins. Dans le décor prégnant de cette ville qu’il nous dépeint avec amour, il livre des réflexions, le plus souvent satyriques mais toujours empreintes d’une humanité bouleversante, sur ses personnages, leur psychologie, leurs défauts et leurs rêves, leur inadaptation à un milieu hostile, source de malaise. Son œuvre s’attache notamment à dénoncer le sort des femmes maintenues en marge de la société.

Sur les six contes livrés dans cet ouvrage trois nous décrivent des femmes qui rêvent de s’affranchir de leur condition, et qui pour cela n’ont que le mariage ou... la prostitution – Lívia, Adélia, Cló –. Les trois autres nous dépeignent un naïf, un opportuniste prêt à tout pour sortir du lot et un petit politicien pétri d’orgueil et de suffisance – Mon Carnaval, L’homme qui parlait javanais, Son Excellence.
En somme, Lima Barreto, à travers ces portraits qu’il dresse avec génie et dans un style qui a fait de lui un des maîtres de la littérature brésilienne, nous livre la satire d’un Brésil tout juste sorti de l’esclavagisme, où les pauvres vivent de l’espoir d’une vie meilleure tandis que les riches s’adonnent aux joies de la Belle Époque...